Pommes de discorde

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Le chemin qui mène à la Noë Verte est bordé de blocs de béton nonchalamment repoussés dans les fossés, stigmates des expulsions du printemps. Plus loin, le visiteur doit passer sous une banderole qui annonce fièrement : « La zad, on la conserve ! » Car c’est ici que se font…les conserves, bien sûr ! Pour atteindre la parcelle « conflictuelle » sur laquelle le groupe verger et le groupe céréales font leurs cultures, il faut s’éloigner de quelques centaines de mètres et serpenter parmi les haies touffues. On découvre alors ce petit champ bocager, avec ses frêles fruitiers dans le fond. Il est dit « conflictuel » car l’agriculteur « cumulard » qui en avait la location le réclame, alors qu’il est cultivé depuis plus d’un an par les occupants. Il propose de l’échanger contre une parcelle voisine, dont la terre est néanmoins plus pauvre. Mais comment échange-t-on un terrain sur lequel des arbres ont été plantés ? On ne saurait les déraciner… (voir pour plus de détails le texte écrit alors)

Nous nous installons dans le jardin avec deux membres du groupe verger, Nadine et Yuka, habitant respectivement Nantes et la Noë Verte. Mais alors que nous parlons posément, un homme surgit : « Y’a un type qui sème dans le champ en face là-bas, celui qu’il proposait d’échanger ! Y’a un blème là ! » Yuka se lève d’un bond : « Bon ben là on passe à l’action ! » Au pas de course, nous serpentons à nouveau à travers les haies pour constater qu’effectivement, du ray-grass est en train d’être semé. Notre petit groupe reste un peu pantois face au gigantesque semoir. Nous nous perdons en conjectures : « Pourquoi sème-t-il à la veille du Copil ? Cela signifie-t-il qu’il ne veut plus faire l’échange ? Veut-il montrer qu’il ne lâchera rien ? Ou l’inverse ? » Décision est finalement prise de le laisser faire, ce semis n’ayant pas de conséquences cruciales. Nous sommes le 10 octobre, et nous apprendrons deux jours plus tard que l’agriculteur renonce aux six hectares comprenant le verger, et qu’il conserve donc cette parcelle de ray-grass. L’échange inique n’aura pas lieu, les arbres ne seront pas arrachés.

Avant notre course, Yuka prévenait : « Il est bien difficile de parler ou d’écrire sur notre situation, elle change tant que ce que l’on dit aujourd’hui ne sera peut-être plus valable demain. » C’est pourquoi, parfois, la patience nous vient de contempler quelques minutes ce qui ne change pas aussi vite : la lente pousse des fruitiers au fond du petit pré, qui se fiche de notre frénésie. Autour d’eux, pourtant, un autre changement a pris place : le 20 octobre, jour du premier anniversaire de la plantation des arbres et du troisième de l’occupation de la Noë Verte, des céréales ont été semées, et cinquante nouveaux trous attendent, impatients, que vous y glissiez des arbres, les 11 et 25 novembre. Rendez-vous à la Noë Verte avec vos bêches bien affûtées !

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Les GASE nantais

Zadibao : Qu’est-ce que le « groupe verger » ?

Nadine : Le groupe verger part des GASE du pays Nantais. Les GASE – Groupement d’Achat Service Epicerie – ce sont des épiceries autogérées : il y en trois à Nantes et quelques-uns aux alentours. Les gens investis dans le verger viennent essentiellement de trois GASE de Nantes : le GASE de chips à Doulon, celui de l’Esclain à Chantenay et celui de Rezé ; il y aussi des personnes du groupement de la Campanule à Ancenis. Notre enjeu, c’est de démontrer qu’il y a d’autres rapports possibles à l’alimentation, dans des circuits courts et éthiques et avec la volonté de faire des choses ensemble.

Z : Comment ça fonctionne ?

Nadine : Ce sont vraiment des épiceries avec des permanences toutes les semaines. On s’organise en commissions pour se répartir sur les différentes tâches : les commandes, l’inventaire, la communication… On fait tout nous-mêmes. Il n’y a pas de salariés, personne ne chapeaute l’ensemble, il n’y a pas de personne indispensable.

Je dirais qu’un GASE réunit une cinquantaine de foyers. Mais les 50 foyers ne sont pas impliqués à fond dans le fonctionnement. On s’organise aussi avec des groupements d’achats, et d’autres épiceries qui ne sont pas des GASE et qui sont plus ou moins autogérées ; on groupe les achats, en visant une production la plus locale possible, respectueuse de la terre et biologique, avec label ou non. On s’est fait notre propre réseau dans le coin, avec essentiellement des produits secs.

Mais pour la plupart des produits qui viennent de plus loin, on s’organise avec un grossiste bio qui s’appelle Terra Libra, mais aussi avec la Route des comptoirs pour ce qui est du thé et du café. Ce sont des réseaux sur lesquels on n’a pas trop la main. Mais ce sont ceux qui nous semblaient les plus éthiques.

Z : Et vous avez un local pour tous les GASE ?

Nadine : Chacun des trois GASE a son épicerie de quartier. En s’y investissant, on s’ancre aussi dans la vie du quartier. L’idée serait qu’il y en ait qui poussent comme des champignons dans tout Nantes. Et qu’elles se relient à des logiques de lutte. Par exemple, les gasiers sont impliqués dans l’opposition aux grands projets d’aménagements urbains et aux processus de gentrification. Beaucoup de gasiers de l’est de Nantes sont aussi dans le jardin des Ronces1 ou ont participé à la lutte contre le déplacement de la MAJ [Maison d’Accueil de Jour].

Z : Comment les GASE ont commencé ?

Nadine : Moi je ne suis pas une historique, mais le premier GASE c’était celui Rezé et ça date d’il y a cinq ans à peu près. Dans la suite, le GASE de l’Esclain a été fondé en partie par des personnes qui sont venues ensuite habiter à la Noë Verte. Le GASE de Rezé est dans un local appartenant à un des gasiers. On est dans cette logique : trouver des locaux les moins chers possibles, voire chez les gens, ce qui donne une dimension assez intime, où à la fois on part d’un groupe de potes et on essaie quand même de fédérer autour de nous et de s’inscrire dans un quartier.

Le Verger de la Noë Verte

Z : Comment est venue l’idée du verger ?

Yuka : Moi je n’ai jamais été dans les GASE. Je m’y suis greffé après au moment où je suis venu habiter à la Noë Verte. J’ai rencontré les gasiers dans les réunions sur les prises de terres à la zad en 2017.

Nadine : On était plusieurs des GASE à venir à la zad, à être impliqués dans ces réunions et on se disait qu’on pourrait avoir un projet nous aussi. On connaissait les gens de la Noë Verte, et on a participé à des réunions avec des personnes de la zad qui pensaient une utilisation collective des terres et ils pensaient que cela aurait tout son sens que les GASE s’impliquent ici. On en a discuté, mais en fait ça n’a pas fait totalement consensus, certains trouvaient que c’était trop, politiquement. Mais on s’est néanmoins mis d’accord pour se lancer dans le projet de verger. À la fois pour renforcer la zad, montrer à quel point elle a des ramifications à l’extérieur, à Nantes notamment, et aussi pour nous ancrer dans des luttes territoriales hors de la ville. Car l’épicerie ce n’est pas le plus important, l’idée c’est avant tout d’alimenter les luttes, d’aider les gens de la zad à avoir une production vivrière, et de montrer une synergie entre la zad et la métropole nantaise. Avec les épiceries autogérées, on est sur des questions alimentaires et ajouter la production à la consommation, c’était quelque chose qu’on trouvait stimulant. Le verger collait bien aux envies des autres habitants de l’est de la zad. Et depuis notre situation de gasiers n’habitant pas la zone, ça nous allait bien parce que ça n’exigeait pas une présence quotidienne. Un verger sur deux hectares, en tournant entre nous, ça restait dans nos possibilités. On n’a pas tout bien fait, mais les premiers arbres ont survécu et on apprend au fur et à mesure. Rentrer dans le faire, c’est aussi notre idée.

Z : Pouvez-vous raconter la première journée publique du groupe verger ?

Yuka : C’était le 21 octobre 2017, durant la journée de mobilisation appelée « De nouvelles terres pour de nouveaux projets ». Il y a eu des terres occupées, des chantiers collectifs, et à la Noë Verte, des dizaines de personnes qui ont creusé des trous pour les arbres dans le champ. En même temps, il y avait un semis à la volée de céréales sur le reste de la parcelle.

Nadine : On a beaucoup fonctionné sur des dons d’arbres, notamment amenés par les gens qui venaient ce jour-là au chantier, donc on n’a pas tout choisi non plus. Et puis on a eu d’autres dons par nos réseaux. Ce jour-là, c’était pas encore le moment de planter les arbres. On aurait bien aimé planter directement pour le symbole, mais ça collait pas avec la saison. Donc on a invité les gens à venir faire des trous, de très grands trous. On les a un peu exploités ! Plein de gens sont venus avec tous les outils qu’ils ont pu amener et beaucoup d’enthousiasme… Les 50 trous ont été faits très rapidement. Le chantier n’était pas super organisé, donc on a été assez dépassés par le fait qu’il y ait autant de gens et que tout se fasse si vite. Les gens voulaient continuer à travailler, mais il ne restait plus qu’à attendre de pouvoir planter les arbres…

Z : Qui sont les gens du grouper verger ?

Nadine : Au début, il y avait une quinzaine de gasiers et occupants de la ZAD mais l’équipe s’est un peu rétrécie. D’une certaine manière, les conflits internes à la zad se sont répercutés dans notre groupe, et certaines personnes ont abandonné en partie le projet pour ces raisons-là, mais aussi pour des désaccords sur le fonctionnement interne. Donc maintenant on est une dizaine, et on va essayer de motiver des nouveaux. On réussit quand même à faire des chantiers tous les mois et on essaie de faire des chantiers collectifs ouverts à d’autres gens des GASE.

Z : Est-ce compliqué de faire des choses à la zad en n’y habitant pas ?

Yuka : C’est pas toujours évident pour les gens de se rendre à la zad, mais le verger est une occasion. Par exemple, les réunions théoriques, on les fait à Nantes, et les chantiers évidemment, c’est ici. Ça permet que ça se mélange et pour une partie des gasiers, ça offre une opportunité de venir. On dit « théoriques », mais c’est en fait des réunions d’organisation pour savoir quels arbres on plante, où on fait le trou, on liste ce qu’il y a à faire, quel matériel est nécessaire. Parce qu’on n’est pas des spécialistes…

Z : Ça vous arrive de rester quelques jours ?

Nadine : Oui, dès qu’on peut. On est tous attachés à ce lieu. Et puis ça donne envie à des gens de s’installer, aussi. Beaucoup d’entre nous pensent à s’installer ici, maintenant on a un lien très fort avec ce verger, et même si on n’y habite pas encore, c’est un peu notre petite graine semée sur la zad, qui permet qu’on se sente légitimes ici, et pris dans la suite de la lutte.

Yuka : À l’extrême est de la zad, il n’y a pour l’instant pas énormément de lieux : la Noë Bernard, le Haut-Fay et la Noë Verte. Du coup, il faut que des gens nouveaux arrivent. Ça fait donc une porte d’entrée.

Nadine : Je trouve hyper important que des gens extérieurs à la zad viennent aussi facilement. Nous maintenant à Nantes, on parle du verger et de la zad en connaissant très bien. Le fait d’avoir des zadistes nantais, c’est important pour prolonger les racines à l’extérieur.

Z : Qu’allez-vous faire des fruits ?

Yuka : Pour l’instant il n’y en a pas encore. On verra dans quatre ans. On a une bonne diversité : pruniers, pommiers, figuiers, poiriers, cerisiers, noisetiers, châtaigniers. On va aussi planter des arbustes, cassis et groseilliers. On est sur un lieu dans lequel il y a une conserverie. Donc il y a une possibilité et une logique de pouvoir produire et transformer directement, que ce soit pour des jus, des conserves ou des compotes. On pourra les amener aussi au non-marché de la zad si ça fonctionne encore. Des fois, on se pose aussi la question de comment on se finance pour couvrir les quelques frais. Sur la parcelle, on a cultivé des courges, et on en vend une partie, mais on n’a pas envie que ça devienne un truc lucratif.

Nadine : On les vend à prix libre dans les GASE pour avoir notre propre matériel : pompe, remorque, débroussailleuse… S’il y a de l’argent, c’est pour ça, et pour les graines et le petit matériel de base. On est aussi en train de créer des liens avec les réseaux de soutien aux migrants, notamment à travers les cantines, pour leur donner des courges, et les gens du Jardin des Ronces en ont pris pour leur fête annuelle. Mais c’est vivrier aussi parce qu’on est trop contents de manger nos propres courges !

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Le foncier et l’avenir

Z : Pouvez-vous parler de ce qui se passe avec les terres ?

Yuka : La parcelle dont le verger occupe un bout fait 6 ha, avec une terre d’une bonne qualité agronomique. Donc c’est pour ça que Mickaël Mary insiste pour dire que ce sont ses terres historiques et qu’il propose de nous les échanger avec une parcelle plus grande mais de beaucoup moins bonne qualité. On a planté le verger sur un carré d’un demi-hectare. Et on aimerait l’agrandir sur 2 ha en tout, en comptant la grande mare d’un demi-hectare qui nous serait très utile pour arroser. Ce serait notre minimum non-négociable. On en a beaucoup discuté, en prenant aussi l’avis de certaines personnes dans la délégation, et on s’est dit que l’on serait prêts à céder le reste du champ, mais pas les deux hectares du verger. Ceci contre les 12 ha de moins bonnes terres qu’il nous propose.

Z : C’est une proposition que lui vous avez faite ?

Yuka : Oui, par l’intermédiaire de la DDTM2. Lui, on ne l’a jamais vu en face, il ne veut pas nous rencontrer. Il a même dit au gars de la DDTM que ça le démangeait de passer la charrue sur nos arbres. On en est là ! Après, ces 12 ha qu’il veut bien « échanger », ce ne sont pas ses terres. Il a obtenu des COP très récentes là-dessus et il ne les a jamais vraiment cultivées. Là, il est en train de semer quelque chose dessus juste avant le COPIL3, ce qui est bizarre parce que c’est la parcelle qu’il est censé nous échanger. Il avait fait pareil juste avant que la DDTM vienne nous rencontrer, donc au dernier moment, il fait croire qu’il s’occupe des terrains. Mikaël Mary, c’est le président de l’AMELAZA4, il fait partie du GAEC de Chavagne. Je crois qu’ils ont des difficultés en ce moment, ils ont trop de terres et ils n’arrivent pas à gérer, la DDTM nous a dit qu’ils ne comptaient pas s’agrandir plus. À la base, c’est lui qui exploitait certaines des terres autour de la Noë Verte, le champ de légumes et les parcelles où sont les habitations. Il n’a pas fait de scandale quand on a occupé, ce n’est pas le même genre que Babin, qui vient sur place. Mary il est plus lointain. Quand on lui a pris ses terres, il a demandé à l’administration d’autres terres à la place, et il les a eues, et il a encore une COP sur cette parcelle du verger.

Z : En avril, vous avez signé une fiche ?

Nadine : On a participé à une fiche collective de la Noë Verte, on est quatre projets collectifs dessus : la conserverie, le champ de légumes, le groupe céréales et les abeilles. On avait monté le dossier en synergie entre tous ces groupes qui ne peuvent exister les uns sans les autres.

Z : Ce que vous attendez du COPIL, c’est un bail ?

Nadine : C’est pas très clair pour le groupe verger, parce que venant de Nantes on ne sait jamais dans quelle mesure on peut être légitimes à avoir quelque chose en notre nom à la zad. On suit plutôt ce que décident les gens de la Noë Verte au niveau du mouvement. On n’attend rien en particulier, et on aurait préféré se dispenser de ces choses administratives. Nous on veut continuer à cultiver le verger et à ce que ça aide les gens de la Noë, les gens de l’est et le mouvement. Et continuer à le faire de manière informelle. Au début, aucun d’entre nous ne voulait donner son nom pour la parcelle, ça reste quelque chose qu’on fait dans la lutte et sur notre temps libre. On n’a pas d’ambition lucrative, pour nous, c’est aussi de l’expérimentation.

Z : Pourtant, planter des arbres, c’est se projeter sur du long terme…

Nadine : C’est clair qu’il y avait cette symbolique très forte : on s’enracine dans la zad, il n’y a pas que les zadistes qui tiennent à ces terres, il y a aussi tous ceux qui tournent autour. On imagine que c’est compliqué d’arracher des arbres, c’est tellement emblématique. Ça a posé plein de questions les trucs administratifs, on n’avait pas du tout pensé à s’inscrire dans ces logiques-là, on a été obligés de penser à l’avenir, en termes de cultures, mais aussi d’imaginer ce que la zad allait devenir dans deux ou trois ans. C’est sûr qu’on est projetés dans quelque chose qui nous dépasse et qui risque de nous dépasser encore plus.

Z : Quels sont vos projets à court terme ?

Yuka : Le 20 octobre on va creuser des nouveaux trous le jour de la fête. Après il y aura les chantiers de novembre où on va planter : le 11 et le 25 novembre.

Nadine : On a une jauge avec les arbres et les arbustes qui attendent. De beaux arbres, greffés. Parce que certains de ceux qu’on avait mis n’ont pas réussi à apprendre à nager dans les mares qui se sont creusées cet hiver. Alors on va les remplacer. Et on va en planter une cinquantaine encore.

Z : Qu’est-ce que l’abandon de l’aéroport a changé dans votre vision des choses au verger ?

Nadine : On le savait déjà au moment de la prise des terres, on se disait qu’il y avait de fortes chances qu’il soit abandonné, et on voulait légitimer la place de la zad : ce n’est pas parce que l’aéroport est abandonné qu’il faut chasser les zadistes. On était dans cette perspective : qu’est-ce qu’on fait après l’abandon ? C’est vraiment pour ça qu’on a fait le verger.

Yuka : C’est cette logique qui permet de gagner, elle est à l’œuvre depuis longtemps sur la zad, montrer qu’on fait des trucs, faire tout comme si on se projetait loin dans le temps, comme si la défaite était inenvisageable.

Nadine : Ce qui est curieux, c’est qu’on a eu des conflits quand on a fait le projet du verger, parce que certains gasiers disaient que c’était illégal, et nous on disait qu’on était dans une logique de légitimité et pas de légalité. Mais ensuite d’autres sont partis quand les terres ont commencé à se légaliser… Finalement, il n’y a peut-être que les ventres mous du groupe qui sont restés !

Z : Qu’est-ce qui fait que vous vous sentez légitimes à prendre des terres ?

Yuka : Mikaël Mary, c’est un « cumulard », il balance des pesticides, il a cédé ses terres pour le projet d’aéroport, donc ce sont les mêmes raisons que pour les autres prises de terre à la zad : gagner du terrain sur l’agriculture intensive, et lutter contre la logique d’accumulation des terres pour toucher des aides sans vraiment se soucier de ce que tu produis.

Nadine : Et la légitimité d’avoir défendu la terre : si on n’avait pas été là, ces terres ne seraient plus cultivables. C’est grâce à nous, et pas grâce à lui. Ce serait terrible qu’il coupe nos arbres, j’imagine même pas qu’on puisse essayer de les déraciner, ça me ferait mal au plus profond de moi-même, j’aurais l’impression qu’on s’attaque un peu à moi. Alors oui, on le défendra ce verger.

1Sur les terres du projet d’éco-quartier dit des Gohards, un jardin spontané, collectif et autogéré occupe depuis 2014 une ancienne parcelle maraîchère dans le quartier du Vieux-Doulon à Nantes. Plus d’infos ici.
2Direction Départementale des Territoires et de la Mer, administration d’État chargée des négociations autour des enjeux agricoles et fonciers sur la zad.
3Le Comité de Pilotage, en charge de l’attribution des terres de la zad, réunit des élus, des représentants de la Chambre d’agriculture et des syndicats agricoles.
4L’association pour le maintien des exploitations légales sur l’ancienne zone aéroportuaire a été créée à la mi-janvier 2018 par des exploitants (dont de nombreux cumulards) souhaitant peser sur les négociations concernant la redistribution des terres de la zad.

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